Nous avons tous quelque chose à cacher.

Nous avons tous quelque chose à cacher.
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Par Bart Van Buitenen – Director Expertise chez CRANIUM Privacy & Security

 

Le nombre de plaintes adressées auprès de l’Autorité de protection des données (APD) a doublé en 2020 par rapport à 2019. Il s’agit de plaintes concernant le suivi des données personnelles, la publicité non désirée ou la surveillance par caméra. Aujourd’hui, en cette Journée internationale de la vie privée, cela indique que la sensibilisation concernant la vie privée est en hausse. C’est une évolution positive, car nous ne devons jamais oublier que nous avons tous quelque chose à cacher.

Soudain, une grande partie de notre vie se déroule en ligne. Comment pourrait-il en être autrement à une époque où la phrase de l’année était “Vous êtes toujours en mode silencieux” et où l’autoroute digitale est le seul endroit où les déplacements non essentiels sont encore autorisés ? Nous le faisons avec enthousiasme : plus que jamais, nos données circulent digitalement, échangés entre les e-commerçants, les outils de messagerie et de vidéo, les réseaux sociaux et bien d’autres.

 

Effets négatifs

Cependant, cette digitalisation a aussi un prix. Aux Pays-Bas, la police a estimé que les attaques par hameçonnage via WhatsApp ont causé 13 millions d’euros de dommages en 2020. l’APD a traité très récemment une affaire dans laquelle une amende de 25 000 euros a été imposée à une société de télécommunications pour avoir transféré à tort le numéro de téléphone d’une personne à un fraudeur. Ce fraudeur qui, armé avec quelques données à caractère personnel, a convaincu un vendeur de lui fournir une nouvelle carte SIM. De nos jours, il y a tellement de choses liées à ce numéro de téléphone portable, pouvez-vous imaginer les dégâts qui peuvent être causés lorsque quelqu’un avec des intentions malveillantes y a accès ?

 

Un commerce florissant de données sensibles

N’oublions pas le gouvernement. Jamais auparavant le gouvernement n’avait utilisé des moyens digitaux pour traiter des données à une telle échelle. Avec plus de deux millions de téléchargements, l’application gouvernementale Coronalert est la plus populaire de tous les temps. Le suivi des contacts ne peut tout simplement pas se faire sans bases de données contenant des données. Nos voisins du nord nous montrent une fois de plus ce qui peut mal tourner lorsque de nombreuses données sensibles sont collectées : cette semaine, il est apparu qu’au sein de l’entité chargée des tests et du suivi des contacts aux Pays-Bas (le Gemeentelijke Gezondheidsdienst ou GGD), un commerce florissant s’était développé où les données des bases de données étaient vendues sur Internet.

 

 

Un appel chaleureux

En attendant la thèse « Je n’ai rien à cacher a été réfutée ». Car chacun d’entre nous a quelque chose à cacher. Il ne s’agit pas de photos intimes sur votre téléphone portable ou de messages secrets concernant des activités criminelles. Les données qui méritent le plus de protection sont précisément celles dont nous disposons tous, comme notre nom, adresse, numéro de téléphone, numéro de registre national ou les résultats de nos tests.

Aujourd’hui plus que jamais, le message est de rester vigilant, de remettre les choses en question, de ne jamais donner plus de données que nécessaire et de porter plainte si l’on soupçonne un abus. En tant que citoyens, nous partageons tous la responsabilité de limiter les infractions et de surveiller nos données.